
L'hélicoptère léger polyvalent SO-1221 "Djinn" fut le premier hélicoptère de série du monde avec réacteur en bout de pale.
Le premier prototype décolla le 16 décembre 1953. Le premier Djinn de la fabrication de série décolla le 5 janvier 1956. L'approbation française et américaine du modèle eut lieu en avril 1958. Jusqu'à la fin de 1965, 178 Djinn furent construits au total ; ils furent utilisés aussi bien dans des domaines militaires, agricoles, sanitaires, que pour le sauvetage et les besoins sanitaires, par exemple, dans les Alpes.
Les forces armées françaises acquirent 100 exemplaires de ce petit hélicoptère léger. Ils furent utilisés pour le ralliement, l'observation et la formation. Pour la récupération des blessés, la version avec un pilote et deux civières externes fut employée. La Bundeswehr allemande acquit cinq et la Suisse quatre exemplaires. La US-Army reçut trois Djinn avec la désignation YHO-1DJ pour essais. Les autres exemplaires servirent dans des domaines civils en France et à l'étranger.
Les expériences acquises par Sud Ouest grâce à l'hélicoptère expérimental "Ariel" avec un réacteur, donnèrent aux constructeurs la conviction qu'il devait être possible d'entraîner le rotor d'un hélicoptère uniquement avec de l'air comprimé. Ceci permettrait d'économiser le poids supplémentaire pour le carburant et le système d'allumage, nécessaires sur l'Ariel aux buses des réacteurs en bout de pale. Ces réflexions conduirent à la construction d'un prototype monoplace, le SO-1220. Il consista en une simple structure en tubes d'acier pour l'installation d'un rotor à deux pales et un siège de pilote ouvert, se trouvant en dessous. Ce modèle fut entraîné par un turbocompresseur Palouste de Turboméca. L'air comprimé ainsi produit fut éjecté directement sur les pointes des pales. Le pilote, Jean Dabos réalisa le premier vol de ce modèle le 2 janvier 1953. Les tests montrèrent que cet entraînement simple " à froid " des bouts de pales donna de meilleurs résultats que l'entraînement complexe par réacteur en bout de pales de l'Ariel.
On construisit alors cinq prototypes biplace du S.O.1221 avec des cabines vitrées et une carcasse non carénée en tubes d'acier comme empennage et trois dérives. Le premier de ces prototypes décolla le 16 décembre 1953. Il devint évident que cette méthode simple fonctionnait bien. 13 jours après le premier vol, le pilote Dabos réalisa un record mondial de hauteur dans la classe inférieure jusqu'à 500 kg de poids au décollage, en atteignant 4789 m avec le "Djinn". Le 22 mars 1957, Dabos augmenta la hauteur à 8492 m, ce qui représentait un record de hauteur international toutes catégories.
On construisit alors 22 hélicoptères de présérie, utilisés essentiellement pour les troupes françaises. La production de série commença à partir de 1955.
Le "Djinn", de construction très simple, se composa d'un fuselage-carcasse avec une cabine. La partie centrale de cette carcasse comporta le train d'atterrissage, le réservoir à carburant, le moteur et le dispositif pour le rotor, qui se composa de deux pales entièrement métalliques, fixés par des lamelles en acier en ressort. Le rotor de l'hélicoptère Djinn fut entraîné par de l'air comprimé, détourné de la soufflerie de la turbine. Il n'y avait ni carburant ni combustion, mais une consommation "froide" en soufflant l'air par des buses sur les bouts des pales. La pression de l'air comprimé du compresseur était de 2,7 kg/m3. On utilisa pour cela un turbocompresseur de Turboméca, le Palouste IV de 240 CV (179 kW).
Les empennages hauts et latéraux furent de conception traditionnelle. Les gouvernails se trouvèrent sous le jet de l'air de la turbine à gaz ; ainsi, ils étaient actifs, même en vol plané. Le train d'atterrissage posséda deux patins avec des roues pivotantes pour le déplacement au sol.
La version militaire du "Djinn" fut équipée de missiles de défense contre les blindés. La version civile fut avant tout utilisée dans l'agriculture. Le réservoir à produits chimiques fixé sous le fuselage contint 200 l. Grâce à des dispositifs fixés sur les côtés du fuselage, il fut possible de pulvériser des produits chimiques sur les champs et vignobles. Lors de la vaporisation, le "Djinn" pouvait couvrir une largeur de 60 m, lors de la pulvérisation : 18 m et lors du poudrage : 13 m.
Le "Djinn" fut considéré comme facile à manÅ“uvrer et à piloter. Cependant, il fut rapidement remplacé pour des raisons de performance en vol et de capacité de portée par des appareils des séries "Alouette II" et "Alouette II".
Par contre, l'entraînement à " froid " des pales n'a pas eu de succès à cause de son efficacité jugée trop faible..
Le deuxième prototype, qui atteignit le record mondial de la catégorie jusqu'à 500 kg avec une hauteur de 4789 m, est exposé de nos jours au Musée de l'Air au Bourget, à proximité de Paris.
S.O. 1221 Djinn
| Type | hélicoptère polyvalent, léger, biplace |
| Constructeur | SNCASO (Société Nationale de Constructions de Sud Ouest) |
| moto-propulseurs | Turboméca Palouste IV de 240 CV (176,5 WkW) |
| Année de construction | 1953 ; en 1956, début de la production en série |
Puissance
| Vitesse maximale | 130 km/h |
| Vitesse de croisière | 460 km/h |
| Consommation de carburant en vol de croisière | 2100 l/h |
| Hauteur en vol plané | avec effet au sol 1800 m |
| Plafond d'utilisation | 4500 m |
| Autonomie | 200 km |
| Durée de vol | deux heures et 15 minutes avec une quantité standard de carburant |
Poids
| Poids à vide | 360 kg |
| Poids au décollage | 800 kg |
Dimensions
| Diamètre du rotor | 10,97 m |
| Longueur | 5,30 m |
| Hauteur | 2,60 m |
| Equipage | 2 personnes |
| Nombre d'exemplaires construits | 178 exemplaires |