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DATE: 2009-11-09T23:28+0100

Le SO. 4050 Vautour

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Quelques années après la Deuxième Guerre mondiale, l'armée de l'Air décida de s'orienter vers l'usage de missiles air-sol portés par des chasseurs-bombardiers, après avoir constaté qu'elle n'aurait jamais les moyens de se doter d'une flotte importante de bombardiers lourds. En 1950, elle publia un programme de chasseur lourd motorisé avec deux turboréacteurs ATAR.

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Au sein de la Société nationale de constructions aéronautiques du Sud-Ouest, SNCASO, le bureau d'étude dirigé par Jean-Charles Parot mettait la dernière main au prototype du SO 4000. Mais le programme de ce bombardier lourd biréacteur était d'ores et déjà abandonné, et d'autres avant-projets plus réalistes étaient à l'étude, les SO 4010 et 4015, sensiblement plus petits, avec leurs deux moteurs sous les ailes. Le 4015 était le plus petit. C'est de lui que fut dérivé un 4050 "Vautour", conforme au nouveau programme. Le projet fut présenté en avril 1951 aux autorités de tutelles.

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Avion de combat polyvalent, le "Vautour" emportait ses missiles ou d'autres projectiles à l'intérieur d'une soute, et comportait une cellule considérée comme très légère à l'époque avec beaucoup d'éléments métalliques collés dans la voilure de faible épaisseur relative, et de grands panneaux galbés en sandwich métallique de nid d'abeille constituant le revêtement travaillant du fuselage. Le ou les postes d'équipage étaient pressurisés. Avec deux turboréacteurs Atar 101 B de 3300 kg de poussée maximale avec injection d'eau, l'avion devait, selon les calculs, dépasser les 1000 km/h requis par le programme. L'armement serait très puissant : quatre canons de 30 mm et jusqu'à 2,5 tonnes de munitions diverses. L'autonomie s'annonçait exceptionnelle avec plus de 10 000 l de kérosène contenu dans les réservoirs internes de la voilure et du fuselage, ainsi que dans des bidons supplémentaires.

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Les militaires furent emballés et trois prototypes, une cellule d'essais statiques et six exemplaires de présérie furent commandés en 1952 et 1953. D'ores et déjà, trois versions étaient envisagées : l'appui, le bombardement, la chasse tout-temps. Dans l'enthousiasme général, la construction fut lancée bien avant la fin des études, si bien que le premier prototype commença ses essais durant l'été de 1952, 14 mois seulement après la publication du programme ! Ce premier prototype était biplace en tandem et sa principale originalité visible était son train d'atterrissage : les deux atterrisseurs principaux, munis de diabolos, étaient sous le fuselage, devant et derrière la soute. Deux petits atterrisseurs auxiliaires, des balancines, étaient fixés aux nacelles des moteurs à l'intérieur desquelles ils s'escamotaient. Enfin, autre caractéristique, parmi tous les avions de combat de l'histoire de l'armée de l'Air, le "Vautour" est celui dont le poste de pilotage était, au sol, le plus haut.

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Le premier vol eut lieu le 16 octobre 1952. C'était un peu trop tôt. Beaucoup de réglages étaient encore nécessaires. L'avion vola pour la deuxième fois trois mois plus tard de manière beaucoup plus satisfaisante, et, le 30 juin 1953, équipé avec deux ATAR 101 C, il passa Mach 1 en piqué. Il était le deuxième avion français capable de franchir le "mur du son" !

Le deuxième prototype, monoplace, vola pour la première fois le 16 décembre 1953. Ses essais, comme ceux de son prédécesseur furent émaillés d'incidents spectaculaires qui ne se terminèrent bien que grâce à la robustesse et au bon comportement en vol de l'avion. Ils furent couronnés par un autre grand succès : les premiers ravitaillements en vol par un avion français, en décembre 1957. Toutefois, les "Vautour" de série ne furent pas équipés pour le ravitaillement en vol, car la France ne disposait pas encore de ravitailleurs. Paradoxalement, l'un d'eux servi de pseudo ravitailleur lors des essais du bombardier nucléaire Dassault "Mirage" IV, mais sans transfert de carburant.

300 exemplaires furent commandés en trois versions : "Vautour" II A, monoplace d'assaut, "Vautour" II B biplace de bombardement avec un compartiment avant pressurisé et un nez vitré, "Vautour" II N biplace en tandem de chasse tout-temps ; mais ce total fut réduit avant la fin de 1958 à 140 exemplaires 30 A, 60 B, 70 N. L'armée de l'Air considéra rapidement que la version A ne lui serait pas utile, cependant, il n'était pas possible d'interrompre la production dont on regrettait qu'elle eût démarré un peu tard à cause de la longueur des essais des appareils de présérie. 19 exemplaires de cette version furent donc vendus à Israël, avec 8 N et 4 B ; ces avions participèrent à de nombreuses missions de guerre.

En France, les "Vautour "furent affectés aux escadrons de bombardement 1/92 Bourgogne et 2/92 Aquitaine, aux escadrons de chasse tout-temps 3/30 Lorraine, 1/30 Loire et 2/6 puis 2/30 Normandie-Niemen, au centre d'instruction au bombardement CIB 328, au Centre d'Essais en Vol (CEV), et au Centre d'Expériences Aériennes Militaires (CEAM). Ils entrèrent en service en 1958 alors que les progrès très rapides de la technique aéronautique annonçaient à très brève échéance des avions de combats polyvalents aux performances très supérieures (Mach 2). L'apparition de cette nouvelle génération d'avions en France comme dans d'autres pays, explique pourquoi la commande initiale de 300 avions fut ramenée à 140 exemplaires seulement.

Malgré ses dimensions, et l'aspect un peu démodé du nez vitré de la version de bombardement, le "Vautour" n'eut jamais la réputation d'être pataud. Très agréable à piloter, il était étonnamment manÅ“uvrant et se montra capable, par ses évolutions, d'échapper à des chasseurs qui lui étaient a priori supérieurs, voire de prendre le dessus. Malheureusement, les missiles, notamment air-sol, qui devaient constituer sa raison d'être ne furent pas mis au point à temps... Paradoxalement, le "Vautour" servit de bancs d'essais à d'autres missiles et d'autres équipements destinés aux générations d'avions ultérieures. Les derniers "Vautour" de l'armée de l'Air furent réformés en 1975 et le dernier exemplaire en service au Centre d'Essais en Vol fut cédé en 1991 à une association qui put le préserver en état de vol pendant quelques années. Israël mit un terme aux opérations de ses "Vautour" en 1971.

L'usine EADS de Saint-Nazaire expose un "Vautour", de même que la SNECMA à Melun-Villaroche, le Musée de l'Air et de l'Espace au Bourget, celui de la base aérienne de Reims, celui de Savigny-lès-Beaune, et celui de la force aérienne israélienne.

Versions et variantes :

Trois prototypes et six avions de présérie

Caractéristiques Techniques

Moteur : ATAR 101 E.3 ou E.5 de 3 500 kg de poussée maximum
Années de production : 1956-1960
Production totale : 149

Performances

Vitesse maximale : 1 160 km/h en palier.
Supersonique en piqué.
Distance franchissable : 2 900 km (A et N)
2 650 km (B)
Plafond pratique : 15 000 m

Dimensions

Longueur : 17,360 m (II A)
17,755 ( II B et II N)
Envergure : 15,10 m
Surface alaire : 45,10 m²
Masse à vide équipé : 10 245 kg (A)
10 205 kg (N)
10 550 kg (B)
Masse maximale : 19 380 kg (A)
19 350 kg (N)
19 550 kg (B)